Poesia sin fin

FB_IMG_1545968266483By Alejandro Jodorowski

Rendez-vous avec le dernier Alejandro Jodorowsky ce matin, suite fidèle de ‘La danza de la realidad’ qui à l’époque m’a laissé cette douce impression d’avoir eu accès à un nouveau cinéma, un cinéma ‘pénétratif’.

Autant le premier est une rencontre du père nécessaire et finalement figé autant Alejandro Jodorowski dans cette suite devient ses rêves hallucinés, un humain aux “divines imperfections”, un être qui vend ses démons au commerce des âmes, un magicien qui par son regard banalise l’improbable et désacralise les normes. En témoignent ces scènes où le fils s’éprend d’une poètesse colorée à l’apparence déparavée qu’il traite en reine sous des caresses tout en poèsie, quand dans la scène suivante sa dévouée mère au creu du lit conjugale se fait maltraitée avec une froideur d’une tristesse infinie et qui semble quasi-permanente.
De plus ce réalisateur de génie à cette façon bien à lui de tout rejeter avec délicatesse, le réalisme, la bienséance, l’esthétisme académique et mort de ses collègues, et le troublant déshabillage d’une naine aux jambes diformes en est le témoignage sensuelle et dérangeant (flashback vers cette sublime scène du film ‘Cemetery of splendour’ de Apichatpong Weerasethakul où le soldat embrasse délicatement la jambe meurtrie de son amie plus agée)
Dans l’univers de Jodorowsky la beauté est faite par tous et pour tous et ce fils biologique qui joue le père est d’une telle grace, une telle fragilité qu’on lui pardonne tout parce que c’est l’enfant qui reste en avant plan du personnage et qui finalement cultive notre indulgence.
Jodorowsky c’est ce courage d’aller à la rencontre de soi, pour de brefs instants, au hasard, maladroitement, désesperement et porter la tristesse de ces rendez-vous qu’on croit manqués parce que la vie ne nous permet pas de les faire durer.

Salma, lama sabachthani? Aurait clamé Gibran*

The Prophet  -Khalil Gibran- (Roger Allers & co.)

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Sortie très attendue de ce dessin-animé (film) largement inspiré de l’oeuvre de Khalil Gibran ‘The prophet’ dont il porte le titre.

Il faut commencer, pour en parler justement, par saluer les dessins qui étaient de toute beauté. Un faible pour ceux de Tomm Moore (image de présentation) et Michal Socha dont les couleurs et les lignes furent un réel enchantement. Je craignais aussi de trouver la musique un peu faiblarde mais je dois avouer que Damien Rice ne s’en est pas mal sorti, la bande son s’écoute bien et colle avec le côté féerique des images, un bon équilibre de ce côté-ci.

Pour le reste, que dire ? Le travail d’écriture est assez mauvais et les dialogues sans intérêt. On a rempli comme on a pu les espaces entre les longues tirades de Gibran qui déclame son texte sans pause et sans répit. De plus, le choix des passages présentés manque d’audace, on a pris les plus faciles à absorber par un public qu’on ne veut plus désormais avertir. Je me demande comment, par les temps qui courent, auraient été interprété la partie nommée ‘Sur le crime et le châtiment’ qui représente à mon avis un des plus beaux textes de cette oeuvre ? (extrait plus bas)

Deux adaptations pour moi cette semaine et deux flops en terme de réalisation … le cinéma nous offre de beaux morceaux pas digérés en y mettant des ornements certes charmants mais qui devraient être là pour sublimer l’oeuvre et non pas la soutenir tout le long.

Allez-y pour le beau travail d’animation, pour le reste lisez Gibran !

*Eli, Eli, lama sabachthani? Matthieu 27:46
Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m’as-tu abandonné? 

Sur le crime et le chatiment

“… Souvent je vous ai entendu parler de celui qui fait un faux pas comme s’il n’était pas l’un des vôtres, mais un étranger parmi vous et un intrus dans votre monde.
Mais je vous dis que comme les saints et les justes ne peuvent s’élever encore plus haut que ce qu’il y a de plus noble en vous,
Ainsi les méchants et les faibles ne peuvent également sombrer plus bas que ce qu’il y a de plus vil en vous.
De même que pas une seule feuille ne peut jaunir sans que l’arbre entier le sache tout en restant discret,
Ainsi nul homme ne peut mal agir sans que vous tous le vouliez en secret.
Comme une procession vous marchez tous ensemble vers votre moi divin.
Vous êtes à la fois le chemin et les pèlerins.
Et quand l’un de vous trébuche il tombe pour ceux qui sont derrière lui, en mettant en garde leurs pas lents contre la pierre d’achoppement.
Et il tombe pour ceux qui sont devant lui, dont le pas est ferme et rapide, bien qu’ils n’aient même pas pris le temps de repousser la pierre d’achoppement.
En dépit de mes mots qui pèsent sur votre coeur, je vous dis encore :
“Celui qui a été assassiné n’est pas irresponsable d’avoir été assassiné,
Et celui qui a été volé n’est pas irréprochable d’avoir été volé,
Le bon n’est pas innocent des actes du méchant,
Et celui qui a les mains blanches ne les a pas pour autant propres dans une sale affaire.
Ainsi, l’offenseur est souvent la victime de l’offensé,
Et plus souvent encore sur le dos du condamné se décharge celui qu’on ne peut inculper et qui reste non blâmé”.
Ainsi vous ne pouvez séparer le juste de l’injuste et le bon du méchant ;
Car ensemble ils se tiennent devant la face du soleil de même que le fil noir et le fil blanc sont tissés ensemble.
Et lorsque le fil noir vient à se rompre, le tisserand vérifie tout le tissu, et n’omet point de regarder de près le métier.
S’il en est un parmi vous qui chercherait à juger l’épouse infidèle,
Qu’il pose le coeur et l’âme de l’époux sur l’autre plateau de la balance.
Et celui qui se permettrait de fustiger l’offenseur qu’il sonde l’esprit de l’offensé.
Et celui qui tenterait de punir au nom de la droiture et qui irait jusqu’à porter la hache dans l’arbre du mal, qu’il en examine les racines ;
En vérité il trouvera les racines du bon et du mauvais, du fécond et du stérile, toutes entrelacées dans le coeur silencieux de la terre.
Et vous hommes de justice qui vous évertuez à être justes,
Quel jugement prononceriez-vous contre celui qui se révèle honnête dans la chair alors qu’il est voleur dans l’âme ?
Quelle peine infligeriez-vous à celui qui tue dans la chair alors qu’il est assassiné en son âme ?
Et comment condamneriez-vous celui qui abuse de votre confiance et use de sa violence,
Quand il se voit blessé dans son coeur et outragé dans son honneur ?
Et comment puniriez-vous celui dont le remords est déjà plus grand que les méfaits ?
Le remords n’est-il pas la justice rendue par cette même loi dont vous vous prétendez être les fidèles serviteurs ?
Cependant vous ne pouvez l’imposer à l’innocent ni l’ôter du coeur du coupable.
De lui-même le remords surgira dans la nuit, réveillant la conscience et l’invitant à se regarder dans le miroir de la vérité.
Et vous qui voudriez comprendre la justice, assurez-vous de faire toute la lumière sur chaque affaire dans ses moindres recoins.
Alors seulement vous saurez que celui qui a la tête haute et celui qui a la tête basse ne font qu’un :
Il se tient à l’heure de l’aurore, à mi-chemin entre la nuit de son moi-pygmée et le jour de son moi divin,
Et vous saurez que la pierre angulaire du temple n’est pas plus noble que la plus basse de ses fondations”.

 

 

Out, out, brief candle, weak movie

Macbeth

De Justin Kurzel (2014)

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Fidèle au texte.
Un fou, furieux Fassbender de qui on aurait pu tirer plus.
Un cinéma qui a voulu dépeindre les paysages des âmes tourmentées en se contentant du brouillard glacé écossais, et on finit avec un film où (comme Shakespeare l’écrivait) “Il faisait bien trop froid pour l’enfer” !
J’ai, à propos des mots, cette image des moines égrainant un chapelet en faisant rouler les perles en bois longuement entre les doigts. Chaque phrase de ce texte aurait dû être prise avec la même lenteur, la même application, le même sérieux pour pouvoir se rendre jusqu’à la fin et que s’opère le miracle … mais il n’y eu pas là de révélation, en tous cas aucune que j’eusse compris.
Un divertissement avec quelques plans, quelques scènes bien dirigées qui devraient vous donner envie de vous pencher sur le texte qui les a inspirés.


Une sollicitation, pas bonne donc, mais pas assez mauvaise pour vous cacher toutes les vérités de ce texte inaltérable.

“Cette sollicitation surnaturelle ne peut être mauvaise,
ne peut être bonne… Si elle est mauvaise, pourquoi m’a-
t-elle donné un gage de succès, en commençant par une
vérité? Je suis thane de Cawdor. Si elle est bonne, pour-
quoi est-ce je cède à cette suggestion, dont l’épouvantable image
fait que mes cheveux se dressent et que mon cœur si ferme
se heurte à mes côtes, malgré les lois de la nature? L’in-
quiétude présente est moindre que l’horreur imaginaire.
Ma pensée, où le meurtre n’est encore que fantastique,
ébranle à ce point ma faible nature d’homme, que ses
fonctions sont paralysées par une conjecture : et rien n’est
pour moi que ce qui n’est pas.”

Macbeth : Acte I, Scene III

“Cannot be ill, cannot be good: if ill,
Why hath it given me earnest of success,
Commencing in a truth? I am thane of Cawdor:
If good, why do I yield to that suggestion
Whose horrid image doth unfix my hair
And make my seated heart knock at my ribs,
Against the use of nature? Present fears
Are less than horrible imaginings:
My thought, whose murder yet is but fantastical,
Shakes so my single state of man that function
Is smother’d in surmise, and nothing is
But what is not.”

The Walk – La folie n’a jamais eu aussi raison !

Classons-le dans la catégorie ‘film reboot’; si vous aviez des doutes des appréhensions sur ce que vous réserve la vie, si vous hésitiez par peur à entamer tel ou tel projet, voilà le film qu’il vous faut !

C’est l’histoire vraie de Philippe Petit funambule, acrobate, magicien qui décide de réaliser un rêve fou, traverser sur un fil la distance qui sépare les (feues) tours jumelles du World Trade Center) .

Le film en lui-même ne cache aucune prouesse si ce n’est l’excellente 3D qui vous donne le vertige (comme si vous y étiez), le reste est gentillet et le ‘coup’ se met doucement en place sans trop vous préparer néanmoins à l’immense expérience qu’est cette balade humaine.

Je suis peut-être impressionnable mais cet homme sur un fil, le rêve plus grand que les tours, plus grand que la vie elle-même, le plaisir dans la perfection, c’était tout simplement jouissif  …

À quoi sert de marcher sur un fil ? … Je me souviens avoir pensé à ce terme ‘Sirat’ qui dans la religion musulmane est un pont étroit construit au-dessus de la Géhenne et qui constitue un obstacle ultime pour ceux qui se dirigent vers le Paradis … Et voilà monsieur Petit qui se rit de l’étroitesse du fil (celui-ci est son allié), de l’enfer du vide, de la paix à l’autre bout. Petit habite les extrémités et tout l’improbable espace entre les deux, Petit vous fait rêver d’une grandeur que vous ne pourrez peut-être jamais oser mais Petit fait ce grand pas, cet immense pas pour vous dire que c’est ‘fucking’ possible 🙂

Je finirai avec cette phrase de Cortazar que j’affectionne particulièrement “Comment prendre d’assaut une forteresse en lui tournant le dos ?”

Pour prendre d’assaut la vie il faut commencer par lui faire face ou la surplomber, c’est selon … 🙂

Bon visionnement !

PS : Portez attention aux décors et aux scènes made in Montréal (Merci à Radia qui y a travaillé d’avoir attiré notre attention amusée sur cette autre forme de magie que sont les décors et la transformation des espaces)

The Tribe

Quand Dieu ne nous regardera plus nous pourrons enfin pleurer …

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De –Myroslav Slaboshpytskiy–
Un film qui ressemble étrangement à un viol (quelle phrase accrocheuse !) … J’ai beau fouiller dans mon vocabulaire les seuls mots qui me viennent pour le décrire ont une connotation sexuelle … intrusif, puissant, violent, j’en sors avec des allures de scène de crime et je n’ose appeler un(e) ‘chat(te)’ un(e) ‘chat(te)’ (je féminise par souci d’à-propos bien sûr ! )
Pas de dialogues, pas de musique, souffles, bruits de moteur, pleurs, quelques rires (trop rares), le spectateur est réduit au silence, il voit le geste et ne le comprend pas, il perçoit le cri et ne l’entend pas.
Puis les scènes de sexe, la violence comme une deuxième peau, et pourtant … Ce 69 d’un érotisme rare, moment de grâce isolé au milieu d’un quotidien de prostitution où la candeur sert de boudoir à la folie et où l’impuissance s’invite partout sauf dans les assauts masculins.
Et enfin arrive l’action, tout s’enchaîne et s’accélère dans la dernière demi-heure, flirte avec les limites, on vous tient fermement jusqu’au bout, s’assurant finalement de vous laisser horrifié et seul dans ce silence qui n’a jamais cessé …

Voilà, je ne saurais en parler autrement pour le moment  …  Tout est là, rien n’est verbalisé et pourtant, que dire de plus ? .. Citer peut-être Mouawad qui dans ‘Incendies’ écrit : Bientôt vous vous tairez, je le sais, le silence est pour tous devant la vérité.

Félix et Meira

Il y a cette photo qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux, celle d’une robe dont tout le monde cherche à définir la couleur. La photo étant sous-exposée, le blanc de la robe grâce aux couleurs du couchant prend une teinte bleutée … certains diront donc qu’elle est bleue, d’autres qu’elle est blanche, sans tout a fait avoir tort, sans tout a fait avoir raison.

J’ai regardé Felix et Meira avec cette même impression, douleurs surexposées, sous-exposées, quel que soit le quotidien qui teinte nos sentiments le malaise reste le même. Deux êtres qui vivent dans deux univers parallèles finissent par s’apercevoir, se reconnaître dans leurs blessures et faire encore le rêve fou de croire que partager une douleur c’est aussi la guérir …

Sauf que la physique nous annonce que le vide absolu n’existe pas, il y a donc pour chacun d’eux une trajectoire tracée depuis la nuit des temps, des conditions atmosphériques, d’autres objets célestes qui gravitent autour, alors le film s’étoffe, s’humanise, se densifie et devient une belle symphonie, un système complexe qui n’échappe ni aux collisions ni aux effondrements, pour donner naissance, ma foi, à une bien belle étoile !

PS : Écouter ‘Famous blue raincoat‘ de Cohen dans une salle de cinéma, priceless 🙂

A thousand times good night

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A movie by ‘Erik Poppe’

L’amoureux et dévoué Nikolaj Coster-Waldau sera-t-il l’arbre qui cache la forêt des souffrances humaines ?

Aussi beau soit-il les bras ouverts et les pieds dans l’eau, Non !

Non, parce que malgré les va-et-vient d’une photographe de guerre entre une vie de famille presque idyllique  et la misère de la guerre la réalité ne change pas, elle est ces mondes qui continuent à coexister jusque dans la tête de notre héroïne qui, en choisissant son arme, a dit définitivement Oui au combat.

Et tout le film a semblé tourner pour moi autour de cette question presque Dostoiveskienne : Une mère peut-elle sacrifier sa vie de famille pour le bien de l’humanité (ou presque) ? Car on parle bien dans ce film de sacrifices féminins et ce à plusieurs échelles, le sacrifice pour Dieu, pour les Hommes, se sacrifier pour ceux qu’on aime, sacrifier son enfance, sacrifier ses rêves etc. Ces femmes, habituellement victimes, au contact de la douleur sortent de leurs rôles habituels et deviennent en quelques sortes ‘bourreau’, ce qui met à la déroute nos croyances les plus tenaces sur les places qu’elles sont sensées prendre.

Mais l’intérêt de ce film c’est aussi la beauté du larmoyant des petits yeux ridés de Binoche (que je trouve de plus en plus belle), la mer (qui apparaît dans au moins 50% des plans), et cette vie qui joue de mauvais tour comme celui de faire de vous un héros méconnu et meurtri mais qui sait parfois offrir des petits riens qui deviennent des trésors de nostalgie.

Ce film me fait penser à une prière bouddhiste que j’ai entendue chanter plusieurs fois d’un façon un peu mièvre mais qui avec un peu de laisser-aller finit par faire son effet, vous bercer sans trop brusquer !

Interstellar ? Oui mais … non

interstellar-eye – Christopher Nolan-

Cultiver l’ambiguïté comme le maïs … sans réelle conviction.

Refroidi par « Inception » j’avais osé espérer quelque chose de moins policé, moins terre-à-rêve, plus mûr, plus « Grand » et voilà qu’on nous ressert  le même plat multidimensionnel réchauffé.

Fuite de la réalité, amour toujours et happy-end, pourquoi aller si loin dans l’espace pour ça ?

Les acteurs ne dépassent pas les limites assignés, avoir autant de charisme que dans une pub de dentifrice. Les filles bébêtes au possible avec leurs airs de madone éplorées et les lèvres de stars porno.

Non, non, non aujourd’hui je serai sans pitié … parce que j’ai payé !  😀

Qu’on s’entende certaines idées et images sont intéressantes (heureusement pour un film de 2h40) mais en gros si je décortique un peu la malnutrition me guette.

Spiritualité/Philosophie :

L’amour guide tout … non ce n’est pas l’amour c’est une forme d’intelligence supérieure qui nous tend la main  … non finalement c’est nous humains qui avons évolué et sachant jouer dans les trous noirs (et au Baseball) avons décidé de récupérer notre héros avec nos connaissances d’apprenti physicien … ai-je oublié quelque chose ?

Je ne sais pas pour les autres mais dans ma balance ça ne pèse pas lourd. Au bout de 2h40 de film je ne me souviens plus trop des tirades du début mais s’il fallait retenir quelque chose ben tant-pis, oublié !

Sciences :

Ayant oublié la quasi-totalité de mes cours de physique je ne m’aventurerai pas à essayer de décortiquer le film de ce point de vue là … même s’il me semble très hollywoodien de passer aux abords  ou dans un trou noir sans être décomposé ou calciné mais bon on dira que personne ne voulait un aussi triste sort pour McConaughey !

Quelques images je l’avoue sont époustouflantes mais à ce niveau-là Nolan n’a rien inventé.

Musique :

Histoire/Géo :

Pas de contexte historique, pas de raisons à la déchéance (on accepte avoir tout bousillé, c’est plausible) un drone de l’armée indienne (petite touche exotique)  … un noir américain.

La Danza de la Realidad

-Alejandro Jodorowsky-

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Résolument le film de mon printemps …

Premier Alejandro Jodorowsky et belle surprise.
Film surréaliste qui choque par des scènes hyperréalistes, trouvez l’erreur …Est-ce donc la réalité qui se travestit en se parant de métaphores ou une fable aux accents de vérité ? La limite est subtile et tranchante, elle blesse à chaque fois qu’elle s’expose.
Tout tourne en rond, l’absurde engendre le divin et la grandeur la tyrannie et l’on comprend mieux cet enfant accroupi au bord de l’eau, tel un vieillard, se demandant « Dois-je me désoler du spectacle de ces poissons agonisant au soleil ou me réjouir du festin des mouettes ? »
Qu’en dire? Entre la violence d’une 25e heure, la douceur soufie de Khemir (auquel il a peut-être emprunté une scène que j’aime beaucoup), le théosophe de Singh … Jodorowsky est un conteur, un vrai.
J’y repense et cette phrase me revient en tête : « Nous ne sommes rien mais Dieu ne peut rien sans nous » ce Dieu, Jodorowsky le croise tout au long de son film, il n’est qu’un petit rien et la planche de salut à chaque fois, pourtant il nous échappe avec la mort de chaque bienfaiteur agonisant… une image du Christ peut-être, le bien dispensé avec une pudeur qui nous déleste de toute responsabilité , qui permet de vivre dans le paradoxe du devoir et de l’oubli …

Ce film enfin est pour moi symbolisé par le personnage de la mère : Doux, vulgaire, puissant, fou, sans pudeur mais sans heurts .

À voir !