A thousand times good night

A_Thousand_Times_Good_Night_poster

A movie by ‘Erik Poppe’

L’amoureux et dévoué Nikolaj Coster-Waldau sera-t-il l’arbre qui cache la forêt des souffrances humaines ?

Aussi beau soit-il les bras ouverts et les pieds dans l’eau, Non !

Non, parce que malgré les va-et-vient d’une photographe de guerre entre une vie de famille presque idyllique  et la misère de la guerre la réalité ne change pas, elle est ces mondes qui continuent à coexister jusque dans la tête de notre héroïne qui, en choisissant son arme, a dit définitivement Oui au combat.

Et tout le film a semblé tourner pour moi autour de cette question presque Dostoiveskienne : Une mère peut-elle sacrifier sa vie de famille pour le bien de l’humanité (ou presque) ? Car on parle bien dans ce film de sacrifices féminins et ce à plusieurs échelles, le sacrifice pour Dieu, pour les Hommes, se sacrifier pour ceux qu’on aime, sacrifier son enfance, sacrifier ses rêves etc. Ces femmes, habituellement victimes, au contact de la douleur sortent de leurs rôles habituels et deviennent en quelques sortes ‘bourreau’, ce qui met à la déroute nos croyances les plus tenaces sur les places qu’elles sont sensées prendre.

Mais l’intérêt de ce film c’est aussi la beauté du larmoyant des petits yeux ridés de Binoche (que je trouve de plus en plus belle), la mer (qui apparaît dans au moins 50% des plans), et cette vie qui joue de mauvais tour comme celui de faire de vous un héros méconnu et meurtri mais qui sait parfois offrir des petits riens qui deviennent des trésors de nostalgie.

Ce film me fait penser à une prière bouddhiste que j’ai entendue chanter plusieurs fois d’un façon un peu mièvre mais qui avec un peu de laisser-aller finit par faire son effet, vous bercer sans trop brusquer !